

L’ « appétit » révèle à la fois un besoin physiologique, qui se manifeste par une forte mobilisation organique, et d’un désir, puisqu’il suscite le fantasme des sucs et du goût. La complexité du phénomène et des processus qu’il met en œuvre, la multiplicité des appétits qu’il révèle, ceux de l’estomac, et même de l’imagination, place la relation du besoin (la faim) à la sensualité (la gourmandise) au cœur des préoccupations des gastronomes et des nouvelles sciences alimentaires.
En ce siècle où l’hygiène s’immisce dans nos foyers pour mieux conserver la santé, prévenir la maladie, retarder l’instant de mort, la question de l’alimentation investit les domaines de santé privé et publics. De multiples alternatives ont été développées pour contrecarrer les problèmes ancestraux de disette, dont le risque recule par la multiplication des ressources, l’industrialisation de la production, la création de produits de substitution. Mais cette nouvelle donne va de pair avec l’excès alimentaire, qui fatigue l’estomac et cause, par une digestion difficile, une déperdition des forces. C’est de ces excès que se jouent les nouveaux enjeux sanitaires. L’intempérance et les passions gourmandes engendrent le désordre des sens et des organes, l’indigestion, l’obésité, l’impuissance, l’apoplexie, le diabète et d’autres funestes issues.
La bromatologie prophylactique, c'est-à-dire les préceptes hygiéniques qui gouvernent l’alimentation de l’homme sain et la conservation de la santé, nous montre qu’il existe un paradoxe entre les besoin et le désir de nourriture chez l’homme. L’appétit légitime, régulier, est remplacé par un appétit factice, surexcité dans lequel, au détriment de la santé, viennent se confondre le besoin et le désir. Le stress lié à la vie moderne nous amène à des comportements d’addiction pour combler les manques ou la peur de l’avenir. Ces comportements compulsifs sont d’ores et déjà nettement installés en ce qui concerne le rapport à l’alimentation (boulimie, anorexie, crises compulsives, désir de sucre…).Pour ne rien arranger, notre alimentation moderne est dénaturée, dévitalisée et serait la cause première de nos maladies. Des maladies liées à l’alimentation moderne dite « industrielle » se développent et deviennent inquiétantes
L’état de santé est dépendant de nos facultés d’assimilation et d’élimination. La qualité des aliments doit être satisfaisante et en adéquation avec nos besoins, notre tempérament, notre âge, notre état psychologique du moment et notre hérédité. L’homme devrait pouvoir suffisamment se connaître et s’analyser pour savoir quels sont les aliments qui sont bons ou mauvais pour lui. Le corps sait ce dont il a besoin.
Plus on sépare les aliments et moins il y a de plats à un même repas, plus la digestion, l’assimilation, les éliminations deviennent faciles. Il y a donc des mélanges à éviter car ils perturbent la digestion et fatiguent l’organisme
Tableau des compatibilités alimentaires
Il est important d’associer correctement les aliments c’est-à-dire d’avoir une alimentation variée, d’utiliser les bons aliments au quotidien afin que ceux-ci soient digérés et assimilés de façon optimum.
Si la phase de digestion se passe mal (mastication insuffisante, repas trop riche, faiblesse enzymatique, etc.), l’assimilation sera d’autant perturbée.
Si la digestion est trop rapide, la durée du passage des aliments dans l’intestin grêle (trop courte) ne laisse pas à ce dernier le temps d’assimiler la totalité des nutriments qui lui sont offerts. De cette mauvaise assimilation s’ensuivent des carences.
De la recherche de la meilleure digestion possible est née le régime des combinaisons alimentaires. En effet, une digestion imparfaite ou ralentie provoque des fermentations et putréfactions intestinales, sources notamment de troubles digestifs et d’intoxination (absorption par le sang des toxines nées dans l’intestin) et qui peuvent être à l’origine de toutes sortes de maladies.
Les bonnes combinaisons alimentaires s’appuient sur le principe que les familles alimentaires que sont les amidons, farineux, protéines, légumes et fruits se digèrent très différemment du fait :
-De la durée de digestion différente pour chaque catégorie d’aliments
-Du lieu de digestion différent
-Du degré d’acidité différent pour la digestion des aliments
-Des enzymes différentes (les enzymes permettent de dégrader les aliments en éléments unitaires assimilables que l’on appelle nutriments : acides aminés, acides gras, oses). Une enzyme s’occupe uniquement d’un type d’aliment à l’exclusion de tout autre.
Delphine Nivault, naturopathe à Villedieu-les -Poêles (50800 Manche)